Oetenbach

Ancien couvent de dominicaines de la ville de Zurich, dans le diocèse de Constance, l'un des plus anciens et des plus importants de la province de Teutonie. Selon le livre de fondation, il est issu de la réunion en 1234 de deux monastères féminins situés l'un près du couvent des prêcheurs, l'autre dans le quartier Auf Dorf. En 1237, le pape Grégoire IX accorda une indulgence pour financer en partie la construction du premier bâtiment conventuel vers le ruisseau O. (rive droite du lac, au Zürichhorn). D'après les lettres de protection pontificales de 1237 et 1239, O. suivait la règle de saint Augustin et les constitutions de Saint-Sixte de Rome, mais relevait de la juridiction épiscopale. En 1245, O. fut placé sous l'autorité de l'ordre dominicain par le pape Innocent IV, puis incorporé à cet ordre en 1259 après que la question de la cure d'âmes eut été réglée; dès le début, elle fut confiée aux dominicains de Zurich. La base économique indispensable pour une incorporation dans l'ordre des prêcheurs fut assurée par des donations en espèces ou en biens fonciers de la part du patriciat de la ville, ainsi que des haute et petite noblesse de Suisse orientale. Dès la seconde partie du XIIIe s., les religieuses se recrutaient également dans ces cercles.

Le couvent fut déplacé en ville en 1285. Situé sur la colline du Sihlbühl et composé uniquement d'une petite église et d'un bâtiment conventuel en bois, il fut intégré contractuellement à la nouvelle enceinte de la ville en 1292 et tenu de financer sa portion. La construction se poursuivit sous le priorat de Cäcilia von Homberg avec la consécration du maître-autel du chœur et de l'autel de la maison des sœurs converses en 1317, ainsi qu'avec la fondation en 1320 de la chapelle Notre-Dame dans la partie sud du chœur par son frère, le comte Werner von Homberg. Entre 1470 et 1495, le cloître fut reconstruit, l'intérieur de l'église fut décoré de fresques et des stalles de style gothique tardif y furent installées (auj. dans l'église Saint-Pierre). O. possédait un scriptorium et une bibliothèque dont peu d'ouvrages sont conservés, parmi lesquels deux manuscrits d'œuvres d'Henri Suso. Le livre des sœurs, rédigé en 1340 et remanié plus tard par le dominicain Johannes Meyer (1422/1423-1485, renseigne sur la formation théologique et les aspirations spirituelles des moniales. L'une d'elles, Elsbeth von Oye (décès vers 1339) rédigea des notes sur le thème de la compassion (partage de la Passion du Christ) conservées dans un manuscrit zurichois du XIVe siècle. Au début du XIVe s., alors que le couvent était à son apogée, l'effectif maximal prescrit de soixante nonnes fut constamment dépassé. Le couvent ne prit aucune part au mouvement d'observance des dominicains au XVe siècle. La Réforme amena la suppression du monastère en 1525. Plusieurs fois transformés, les bâtiments furent utilisés à d'autres fins (Amtshaus, soit maison de l'administrateur des biens sécularisés du couvent, hôpital, orphelinat, prison), puis tout le complexe conventuel disparut lors du percement de la rue Urania en 1902-1903.


Fonds d'archives
– Amt Oetenbach, StAZH
Bibliographie
MAH ZH, N.S. 2/1, 2002, 212-276
– A. Halter, Geschichte des Dominikanerinnen-Klosters Oetenbach in Zürich, 1234-1525, 1956
VL, 7, 170-172
– M. Burckhardt et al., éd., Cat. des mss. datés en Suisse en écriture latine du début du Moyen Age jusqu'en 1550, vol. 3, 1991
HS, IV/5, 1019-1053
– B. Helbling et al. éd., Bettelorden, Bruderschaften und Beginen in Zürich, 2002

Auteur(e): Martina Wehrli-Johns / MBA