14/02/2006 | communication | PDF | imprimer | 

Dübendorf

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Comm. ZH, distr. d'Uster, qui comprend D., Gfenn, Hermikon et Stettbach dans la vallée supérieure de la Glatt, ainsi que Gockhausen, Geeren et Dübelstein sur le versant nord de l'Adlisberg. 946 Tuobilindorf. 225 hab. env. en 1467, 553 en 1634, 1031 en 1710, 2018 en 1850, 2544 en 1900, 6750 en 1950, 19 639 en 1970, 22 216 en 2000.

Des traces d'habitats néolithiques furent découvertes près de D. ainsi que des tombes de l'âge du Bronze près de Gfenn et des vestiges romains à Wil (centre historique de D.) et à Gfenn. Aux VIIe et VIIIe s., l'abbaye de Reichenau y possédait la majeure partie des terres. Vers 1250, le fief de Reichenau passa aux mains des seigneurs de D. qui l'administrèrent depuis leur château fort de Dübelstein, édifié peu de temps auparavant. Cette famille, des ministériaux de Rapperswil, mentionnée en 1130 et portant le nom du château de Dübelstein dès 1259, s'éteignit après 1314. Le bailliage et le bourg de D. passèrent en 1487 à Hans Waldmann, qui acquit également la basse juridiction sur Rieden et Dietlikon. Après la chute de ce dernier (1489), Zurich réunit les trois villages en bailliage principal, qui fut rattaché à celui de Schwamendingen en 1615. Pour ce qui est de la paroisse de D., seule la partie à l'ouest de la Glatt appartenait au bailliage principal. Hermikon se trouvait dans le bailliage de Kyburg et Gfenn dans celui de Greifensee. La haute juridiction sur D. échut en 1424 avec le comté de Kyburg à Zurich, qui édicta un coutumier entre 1425 et 1429.

L'église de Wil a été érigée au début du VIIIe s. Mentionnée en 1272, elle était probablement dédiée à la Vierge. L'abbaye de Reichenau est certainement à l'origine de sa fondation. Au milieu du XIVe s., son patronage appartenait aux barons de Tengen en tant que fief de Reichenau. Il passa en 1371 à la famille Mülner de Zurich, qui le légua en 1395 à la commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de Küsnacht. L'église fut détruite par les troupes schwytzoises en 1444. La commanderie de Küsnacht et le couvent de Saint-Martin sur le Zürichberg échangèrent en 1478 leurs droits de patronage sur D. et Egg. En 1487, Hans Waldmann acquit la collature, qui passa à Zurich en 1489. Schwerzenbach fit également partie de la paroisse protestante de D. (1937-1969). En 1968, l'église fut remplacée par un nouvel édifice. Un couvent de l'ordre hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem, avec son église, fut édifié à Gfenn au début du XIIIe s., pillé au cours de la guerre de Zurich (1444) et supprimé en 1525. Depuis sa restauration (1966-1967), l'église conventuelle accueille les deux cultes. Des services catholiques furent célébrés à D. dès 1897; l'église Notre-Dame-de-la-Paix y a été bâtie en 1951-1952.

Au début de l'ère moderne, D. se trouvait sur l'axe qui reliait Zurich à l'Oberland zurichois par Fluntern. En 1786, cette route fut remplacée par celle qui menait à Uster en passant par Schwamendingen et D. Le plan des dîmes de D. de 1681 fait état de trois localités distinctes: Wil avec l'église et la cure, le village, du haut et du bas possédant chacun un passage sur la Glatt, et le centre artisanal avec un moulin. Les deux tiers des terres cultivées étaient labourées. Les contrées marécageuses (Ried) à l'ouest de la Glatt servaient de pâturages. On en tirait aussi de la litière et, aux XVIIIe et XIXe s., de la tourbe. La Glatt, qui était régulièrement en crue, fut canalisée entre le Greifensee et D. (1878-1895), et la région du Ried asséchée (1910-1939).

La proximité de la ville de Zurich entraîna une protoindustrialisation précoce: cardage de la laine en 1680, production du "fil de Löthli" (filés de coton pour mousseline, vendus par Lot, fraction de la livre, dits Löthligarn) vers 1705. A la fin du XVIIIe s., le tissage de la soie, pratiqué dans 37% des foyers en 1771, passait avant le traitement du coton. En 1850, il occupait 477 ouvrières à domicile, alors que 541 personnes travaillaient dans l'agriculture et 65 dans les usines. L'industrie le long de la Glatt, source pourtant abondante d'énergie hydraulique, ne s'établit que lentement: une teinturerie en 1824, des filatures en 1838 et 1856, une usine d'ouate en 1858. La construction de la route Zurich-Uster (1834) et le raccordement à la voie ferrée (1856) contribuèrent peu à peu à l'essor de la zone d'habitation.

La municipalité (Munizipalgemeinde) de D. se constitua en 1798 à l'intérieur des limites paroissiales. Le territoire à l'ouest de la Glatt fut attribué au district de Regensdorf et le reste au district de Bassersdorf. A l'exception de Gfenn (distr. d'Uster), toutes les localités firent partie du district de Bülach après 1803. En 1814, l'ensemble de la commune fut rattaché au bailliage de Greifensee, au district d'Uster en 1831. Au XIXe s., les anciens villages donnèrent naissance aux communes civiles (Zivilgemeinde) de D. (avec Gockhausen), de Gfenn et d'Hermikon, tandis que les localités de Stettbach, Kämmaten, Gehren et Dübelstein fusionnèrent et formèrent celle de Berg. Ces quatre communes civiles furent dissoutes (Berg en 1921 et les autres en 1926) pour se fondre dans la commune de D.

En 1909, le Français Reynold Jaboulin loua le marais entre D. et Wangen et fonda une société coopérative qui y aménagea un champ d'aviation (1910) devenu aérodrome militaire fédéral en 1914. Les premiers vols de ligne eurent lieu en 1922 et un aéroport civil fut construit sur le territoire de Wangen en 1932. Depuis le transfert de ce dernier à Kloten (1948), D. est un aérodrome exclusivement militaire. L'essor de l'aviation accéléra considérablement le développement de l'économie et de la construction. Il entraîna une densification de la surface habitée, tant entre la Glatt et le chemin de fer qu'entre ce dernier et l'aéroport. En 1930, seuls 13% de la population active travaillaient dans le secteur primaire, alors que plus de 56% étaient employés dans le secteur secondaire. Après 1950, D. devint une cité-satellite de Zurich. Sa forte croissance démographique provoqua l'introduction d'une assemblée législative élue en 1974, année où D. accueillit une filiale de l'école cantonale de l'Oberland zurichois. Le principal employeur est la Confédération, qui entretient à D. le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux, l'Institut fédéral pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux ainsi que l'Office fédéral des aérodromes militaires. Des réserves de terrains à bâtir et de bonnes communications - D. fut relié à l'autoroute Al en 1974 et raccordé au réseau du S-Bahn (RER) avec une nouvelle gare à Stettbach en 1990 - favorisèrent l'essor de la zone industrielle et de prestations de services appelée Hochbord, située entre D. et les confins de la ville de Zurich.


Bibliographie
Heimatbuch Dübendorf, 1947-
MAH ZH, 3, 1978, 542-582

Auteur(e): Ueli Müller / FS