23/06/2014 | communication | PDF | imprimer

Baldegg (couvent)

Congrégation, puis couvent, à B. (comm. Hochdorf LU). Josef Leonz Blum, chapelain à Hochdorf, fonda à B., avec l'aide de Joseph Widmer, professeur et chanoine à Beromünster, comme lui élève de Johann Michael Sailer, la première congrégation suisse de sœurs vouées à l'instruction des jeunes filles de la campagne; il s'inspirait des sœurs de la Divine Providence de saint Vincent-de-Paul à Ribeauvillé (F). Copropriétaire du château médiéval de B., Blum créa une association de soutien (active jusqu'en 1885) qui permit d'acquérir les bâtiments. Les sœurs Hartmann, de Hohenrain, célibataires, qui avaient déjà donné des cours privés d'économie domestique, formèrent la première communauté en 1830 et prirent le domaine en location. L'institution attira bientôt de nombreuses jeunes filles, pour les initier à la lecture, à l'écriture, au calcul, aux travaux domestiques et agricoles, ainsi qu'à la morale catholique. Blum dut attendre les années 1840 et l'instauration du régime conservateur pour transformer B. en une institution ouvertement religieuse, suivant la règle de Ribeauvillé (vœux annuels, droit à la propriété privée et absence de clôture). En 1844, l'évêque de Bâle reconnut la congrégation, vouée à la charité et à l'enseignement, des Sœurs de la Divine Providence de Saint-Josse (Saint-Jodok) à B. Les sœurs ouvrirent à B. une école primaire et professionnelle de jeunes filles, et à Hochdorf en 1844 la première école cantonale de jeunes filles (primaire et ménagère). Sécularisée en 1848, fermée en 1853, car soupçonnée d'être une fondation jésuite, l'institution de B. s'installa à Cham sous le nom d'institut d'éducation de B.-Cham. Mais dès 1855 quelques sœurs revinrent à B., en attendant la reconnaissance de l'institution par les pouvoirs publics et ecclésiastiques en 1862/1863. La maison de Cham devint alors autonome (Sainte-Croix de Lindencham, aujourd'hui communauté de bénédictines du Mont-Olivet). Pour répondre au souhait de l'évêque, les sœurs adoptèrent la règle du tiers ordre franciscain en 1859 et passèrent par étapes sous l'autorité épiscopale directe (le clergé séculier fournit les directeurs jusqu'en 1877). En 1901, la congrégation devint un couvent exigeant les vœux solennels et prit le nom de Sœurs de la Divine Providence du tiers ordre de saint François, rattachées à l'ordre des capucins en 1906 (institut religieux selon le droit pontifical depuis 1964). Dès 1844, les sœurs enseignèrent dans d'autres communes et cantons, assumèrent la gestion de foyers pour indigents ou d'orphelinats (à Rathausen, et dès 1849 à Engelberg). Dès 1866, l'institution forma également des infirmières, profession que les sœurs se mirent à exercer à l'extérieur; officialisée à partir de 1895, l'école d'infirmières fut transférée à Sursee en 1940. En 1872, B. ouvrit une école secondaire, puis, en 1885 une école normale d'institutrices.

Au début, le couvent de B. connut une longue période de difficultés financières, qui le contraignirent à vivre en autarcie et avec l'aide des gains des sœurs travaillant à l'extérieur. Au XXe s., la congrégation connut une expansion rapide: dans les années 1960, elle comptait plus de mille sœurs actives en Suisse. Elle élargit sans cesse l'éventail des formations (professions commerciales en 1911, maîtresses d'économie familiale et infirmières en 1912-1916, jardinières d'enfant en 1928) et ouvrit des pensionnats pour jeunes filles à Rue en 1911, à Hertenstein en 1916, à Saint-Gall (école ménagère) en 1931. Dès 1921, B. participa aux missions des capucins en Tanzanie, aux Seychelles, en Papouasie-Nouvelle Guinée, en Indonésie puis au Tchad et en Ethiopie. Etant donné la diminution des effectifs survenue durant les dernières décennies, les activités extérieures furent fortement réduites et l'accent mis sur les foyers, maisons de convalescence et pensionnats. De 1968 à 1979, la maison mère fut reconstruite, sur des plans de l'architecte Marcel Breuer.


Bibliographie
HS, VIII/2, 72-93
– M.-F. Imhasly, «Aspekte zu den Anfängen der höheren Mädchen- und Frauenbildung im 19. Jahrhundert bei den Schwesternkongregationen Baldegg, Menzingen und Ingenbohl», in Helvetia Franciscana, 27, 1998, 283-321

Auteur(e): Waltraud Hörsch / UG