04/05/2012 | communication | PDF | imprimer

Reinach (BL)

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Comm. BL, distr. d'Arlesheim, située au début du XXIe s. dans l'agglomération bâloise. Village placé à l'origine à l'intersection de l'axe de communication reliant Bâle, Aesch et la vallée de la Birse et celui joignant Dornach, Therwil et le Leimental. Entre 1168 et 1176 Rinacho. 45 maisons en 1581, 64 en 1722, 558 hab. en 1815, 816 en 1850, 1213 en 1900, 3475 en 1950, 13 419 en 1970, 18 323 en 2000. Dès le Mésolithique, des traces de peuplement de presque toutes les époques sont attestées, notamment des pointes de flèche en silex mésolithiques et des outils en silex néolithiques, des céramiques et des tombes à incinération du Bronze tardif, ainsi qu'un groupe de fermes celtes au Mausacker, qui fut détruit par un incendie au début de notre ère. Plus au nord, un nouvel habitat fut construit dans le style d'une villa romaine. On a également trouvé des tombes à incinération datant de l'époque romaine (70-150 apr. J.-C.). Un grand nombre de vestiges de la fin du VIe s. et au-delà laissent supposer que de nouvelles habitations furent construites au centre du village actuel, sur le site d'une ancienne villa romaine, et qu'elles évoluèrent peu à peu pour former le village médiéval. Outre des cabanes semi-enterrées (caves de tisserand), on a aussi mis au jour quatre fours de potiers (VIIe-VIIIe s.), qui, avec ceux découverts à Oberwil et à Therwil, laissent penser qu'il existait un centre de poterie dans l'arrière-pays au sud de Bâle.

Au Moyen Age, la haute et la basse justice relevaient de l'évêque de Bâle, qui acheta la seigneurie de Birseck en 1239 et la donna en gage aux seigneurs de Ramstein (1373-1435). De 1522 à 1792, R. fit partie du bailliage de Birseck dans l'évêché de Bâle et la haute justice fut exercée par le bailli de Pfeffingen. Au spirituel, R., qui releva de Pfeffingen, devint paroisse en 1511 et adopta la Réforme en 1525 après avoir signé un traité de combourgeoisie avec la ville de Bâle. En 1595, le village fut ramené au catholicisme par l'évêque et rattaché à la paroisse d'Arlesheim, avant de retrouver son indépendance en 1631. L'évêque détenait la collation. La chapelle Saint-Nicolas, mentionnée en 1336, fut érigée en église paroissiale en 1511. Lors du retour à la foi catholique, celle-ci s'enrichit d'un nouvel autel, d'une chaire et d'un tabernacle. Elle subit de gros dégâts lors de la guerre de Trente Ans; reconstruite en 1657, elle fut agrandie au XVIIIe s. et vers 1806. L'édifice actuel, rénové entre 1962 et 1964, date de 1876.

Après la disparition de la principauté épiscopale en 1792 et l'effondrement de la République rauracienne en 1793, R. fut rattaché à la France. Le village fut le chef-lieu du canton de R. dans le département du Mont-Terrible (1793-1800), puis dans celui du Haut-Rhin (1800-1815), et fut finalement attribué au canton de Bâle en 1815 lors du congrès de Vienne. Contrairement aux autres villages du Birseck, R. ne rallia pas volontairement le canton de Bâle-Campagne: le 3 août 1833, le président de la commune de R., Franz Feigenwinter, fut abattu par des miliciens de Bâle-Campagne qui rentraient chez eux et le village fut dévasté; quatre jours plus tard, le Grand Conseil acceptait la demande de R. d'intégrer le nouveau demi-canton.

Dès 1724, R., qui était alors un village frontière avec péage, connut un essor économique grâce à un grenier à sel pour les bailliages allemands de la principauté épiscopale (qui se trouvait précédemment à Allschwil), ainsi qu'à l'intendance (Schaffnerei) des bailliages de Birseck et de Pfeffingen, gérée jusqu'en 1792 par la famille Goetz, à un service de poste et au pressoir de l'évêché. Les œuvres d'art créées dans la seconde moitié du XVIIIe s. par le sculpteur Niklaus Kury, originaire de R., témoignent de cette prospérité. Dès 1738, plusieurs petites tuileries se développèrent et on exploita le gravier et le sable sur les rives de la Birse. L'agriculture se modernisa peu à peu au cours du XIXe s. L'assolement triennal fut abandonné en 1820 et la vaine pâture en 1841. L'élevage et la production herbagère supplantèrent les cultures. Dès 1855 se développèrent des fermes isolées, dont celles appelées Reinacherhof (1856), Predigerhof (1906) et Erlenhof (1908, auj. maison d'éducation). L'industrialisation resta modeste: il y eut quelques brasseries (1825-1832 et 1872-1912) et la briqueterie Wenger & Koch (1887, ensuite Salathé jusqu'en 1919). De nouveaux quartiers se développèrent à la suite de l'ouverture en 1907 de la ligne de tram Bâle-R.-Aesch (halte de Surbaum en 1925). Dans les années 1960 et 1970, en raison de l'extension des zones à bâtir, R. connut une croissance exceptionnelle qui entraîna des problèmes d'infrastructure (manque de place dans les écoles notamment). L'établissement d'entreprises industrielles s'intensifia dès les années 1950, surtout après le rattachement de R. en 1982 au réseau routier national qui favorisa leur installation, notamment dans les secteurs des arts graphiques, de la construction métallique, ainsi que de la production de machines et d'appareils. En 2005, le secteur secondaire fournissait 35% et le tertiaire 64% des emplois. Le mélange confessionnel apparut plus rapidement que dans les autres communes du Birseck. La paroisse protestante fut créée en 1952; le temple, conçu comme un cube de béton par Ernst Gisel, fut bâti en 1962-1963. La ville de R. (définie comme telle dès 1965) chercha à faciliter l'intégration des nouveaux habitants en développant la vie culturelle (corporation des vignerons en 1958, musée en 1961, parc zoologique en 1969 et marché mensuel en 1975). Le service des eaux de R. et environs (1921), la zone de protection des eaux souterraines dans l'Auwald et la réserve naturelle (Reinacher Heide) comptent parmi les lieux d'importance régionale.


Bibliographie
MAH BL, 1, 1969, 408-415
– J.E. Morf, «Reinach BL zwischen Dorf und Stadt», in Regio Basiliensis, 11, 1970, 131-170
– H. Windler et al., Reinach BL, 1975
– A.R. Furger, Die ur- und frühgeschichtlichen Funde von Reinach BL, 1978
– R. Marti, «Bedeutende frühmittelalterliche Siedlungsreste in Reinach BL», in ArS, 13, 1990, 136-153
– D. Hagmann, Reinach, 2006
– J. Tauber, «Ein "Scherbenteppich" der Hallstattzeit», in As., 29, 2006, 2-15

Auteur(e): Brigitta Strub / MBA