11/04/2012 | communication | PDF | imprimer

Prémontrés

Plus important ordre de chanoines réguliers suivant la règle de saint Augustin, les prémontrés s'inscrivent dans le mouvement réformateur de la fin du XIe s., qui préconisait la pauvreté et la vie commune. Sous l'impulsion charismatique de saint Norbert, qui fonda l'ordre à Prémontré (Picardie) en 1121 selon la tradition, les prémontrés s'implantèrent surtout en Europe du nord-ouest et dans le Saint Empire. La première abbaye établie en Suisse est celle du Lac de Joux, fondée vers 1126 par Saint-Martin de Laon, deuxième abbaye de l'ordre. Au cours du XIIe s., s'y ajoutèrent en Suisse occidentale Humilimont, Bellelay, Fontaine-André, Grandgourt, puis Gottstatt au XIIIe s. Avec les établissements francs-comtois de Corneux et de Belchamps, ces abbayes formaient la circarie (province) de Bourgogne. Etablis à partir du milieu du XIIe s., les abbayes et prieurés de Suisse alémanique (Saint-Lucius à Coire, Churwalden, Saint-Jacques à Klosters, Rüti ZH) relevaient de la circarie de Souabe et dépendaient des abbayes de Roggenburg (Bavière) et de Weissenau (Souabe). L'ordre intégra aussi des communautés féminines, dont certaines avaient peut-être constitué au départ des communautés doubles avec les abbayes masculines, mais qui évoluèrent rapidement vers des prieurés féminins séparés à l'existence éphémère: Rueyres (comm. Chardonne), Posat, Saint-Hilaire à Coire, Churwalden et Bollingen. Au bas Moyen Age, les prémontrés détenaient de nombreuses paroisses qu'ils desservaient souvent eux-mêmes, suivant la tradition pastorale des chanoines. A la Réforme, la plupart des établissements disparurent, à l'exception de Bellelay, de Saint-Lucius à Coire et de Churwalden, qui subsistèrent - parfois laborieusement - jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Le couvent féminin de Berg Sion, qui constitue aujourd'hui l'unique institution d'inspiration prémontrée de Suisse, fut fondé à la fin du XVIIIe s.


Bibliographie
– N. Backmund, Monasticon Praemonstratense, 3 vol., 1949-1956 (21983)
HS, IV/3

Auteur(e): Bernard Andenmatten