Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem

Un hospice dédié à saint Jean-Baptiste fut fondé à Jérusalem au XIe s.; l'accueil des pèlerins et des malades y fut d'abord assuré par une confrérie laïque, que rejoignirent, à l'époque des croisades, des chevaliers chrétiens. Cette communauté hospitalière reçut sa première règle de son chef, Raimond du Puy, vers 1130. Dès 1137, elle assuma en outre des missions militaires et se transforma en un ordre de chevalerie religieux (nommé vers 1180 ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem), appelé à combattre pour la foi chrétienne et à soigner les malades. Dès le XIIe s., l'ordre s'étendit en Europe, où ses établissements étaient appelés commanderies. Il fonda en 1309 à Rhodes un Etat organisé en république aristocratique, qui dura jusqu'en 1522, date de la prise de l'île par les Ottomans. En 1530, il reçut, de Charles Quint, l'île de Malte, dont il prit le nom (ordre de Malte). Les chevaliers allemands (bailliage de Brandebourg) embrassèrent la Réforme dans les années 1530 et gardèrent le nom d'hospitaliers de Saint-Jean (all. Johanniter). Bien qu'il ait perdu l'île en 1798, l'ordre de Malte, dont le grand maître réside à Rome depuis 1834, se considère toujours comme souverain; il est reconnu par de nombreux Etats et entretient des relations diplomatiques avec près de cinquante pays.

Les hospitaliers de Saint-Jean se divisaient en chevaliers, prêtres et sergents. Ils prirent pied sur le territoire suisse au XIIe s.; ils y disposèrent au total de dix-neuf commanderies, relevant des groupes appelés "langues" (ou "nations") d'Allemagne, d'Auvergne ou, dans le cas de Contone, d'Italie. A ces maisons étaient souvent rattachés des hospices qui accueillaient les pèlerins en route pour la Terre sainte. Celles des cantons de Zurich (Bubikon), Berne (avec le Pays de Vaud) et Bâle furent supprimées à la Réforme, celle de Compesières dans le canton de Genève lors de l'occupation de la Savoie par la France (1792), celles des cantons catholiques et de l'Argovie (Hohenrain, Leuggern, Klingnau) au début du XIXe s.

Une Association suisse des chevaliers de Saint-Jean (protestants) fut fondée à Berne en 1937; membre du bailliage de Brandebourg, elle devint en 1948 une corporation de droit public et en 1975, grâce à un changement de ses statuts, la commanderie suisse de l'ordre de Saint-Jean, qui comptait en 2006 six sous-commanderies et une centaine de chevaliers. Fondée en 1961, l'Association helvétique de l'ordre de Malte (catholique; 163 chevaliers et dames en 2006) entend s'inscrire dans la tradition humanitaire de l'ordre et s'occupe du Service hospitalier de l'ordre de Malte en Suisse, à Genève.


Fonds d'archives
– Arch. de la commanderie suisse de l'ordre de Saint-Jean, BBB
– Bibl. pour l'hist. de l'ordre en Suisse, Maison des chevaliers, Bubikon
– Musée de l'ordre de Malte, Bardonnex
Bibliographie
– L. Carlen, éd., Geschichte und Recht geistlicher Ritterorden, besonders in der Schweiz, 1990
– Ch. Maier, «Forschungsbericht zur Geschichte der geistlichen Ritterorden in der Schweiz», in RSH, 43, 1993, 419-428
– P. Ziegler, Geschichte der Schweizerischen Kommende des Johanniterordens, 1999
HS, IV/7

Auteur(e): Peter Ziegler / PM