27/03/2006 | communication | PDF | imprimer

Fahr

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Prieuré de bénédictines, formant une enclave argovienne dans le canton de Zurich. F. ne fait partie d'aucune commune; les citoyens qui y sont domiciliés exercent leurs droits politiques dans la commune de Würenlos, laquelle assume aussi certaines tâches administratives. Placé sous le vocable de Marie, le prieuré releva du diocèse de Constance jusqu'en 1828, puis de celui de Bâle. 1130 Vare.

En 1130, Lütold II de Regensberg donna son domaine de F. à l'abbaye d'Einsiedeln pour qu'elle y établisse une maison de bénédictines; celle-ci dépendit de l'abbé d'Einsiedeln, qui y envoya un moine comme prévôt. L'avouerie appartint aux Regensberg jusqu'en 1306, puis à des bourgeois de Zurich et aux Meyer von Knonau (1434-1798). Au Moyen Age, le prieuré possédait des terres principalement à Weiningen et Engstringen; il tirait l'essentiel de ses revenus de la viticulture. Outre la chapelle Saint-Nicolas (auj. Sainte-Anne) et l'église séculière de F., construite au bas Moyen Age, l'église de Weiningen dépendait également du couvent. Supprimé à la Réforme, vers 1530, il fut rétabli en 1576 et occupé par deux nonnes d'Engelberg. Son essor économique, après 1600, se traduisit dans l'architecture: auberge Aux deux Corbeaux (1678), reconstruction des bâtiments conventuels et rénovation du clocher (1685-1696), réfectoire (Johann Moosbrugger, 1703-1704), maison du prévôt (1730-1734), réfection de l'église séculière entre 1743 et 1746 (fresques intérieures des frères Torricelli, peintures murales sur l'enclos du cimetière). Lors du partage du comté de Baden, en 1803, les cantons d'Argovie et de Zurich convinrent d'attribuer au premier le prieuré et ses propriétés en tant qu'enclave, au second le reste du territoire. L'opposition du canton d'Argovie aux couvents culmina en 1841 avec leur suppression totale; cependant, ceux de femmes furent rétablis en 1843. Les négociations entre le canton et Einsiedeln sur des questions d'estimation fiscale et de partage d'influence ne s'achevèrent qu'en 1932: F. obtint l'autonomie administrative, sous la surveillance de l'Etat. Le couvent ouvrit en 1944 une école ménagère agricole. Il comptait trente-trois sœurs en 2000, contre sept seulement en 1873.


Bibliographie
– L. Kohler, Fahr, Einsiedeln und der Kanton Aargau im 19. Jahrhundert, 1979
HS, III/1, 1760-1806
– H. Arnet, Das Kloster Fahr im Mittelalter, 1995
MAH AG, 7, 1998, 276-376
Das Kloster Fahr, 2003

Auteur(e): Hélène Arnet / PM