• <b>Catéchisme</b><br>Leçon de catéchisme dans une église catholique de la campagne fribourgeoise. Photographie de  Simon Glasson,  1933 (Musée gruérien, Bulle).

Catéchisme

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A l'origine, le mot catéchisme désigne l'initiation à la foi chrétienne, servant en particulier de préparation au baptême. Depuis l'invention de l'imprimerie et la Réforme, il s'applique aussi à des manuels d'enseignement religieux formulés généralement par questions et réponses.

1 - Tradition protestante

Dans les Eglises protestantes, le Petit et le Grand Catéchisme de Martin Luther (1529) acquirent une grande importance. Ecrits à partir de sermons, ils se présentaient comme une bible pour laïcs, exposant les idées de la Réforme en matière d'écriture sainte, de justification et de foi personnelle. Composés de cinq chapitres (dix commandements, profession de foi, oraison dominicale, baptême et sainte cène, à quoi s'ajouta brièvement la confession des péchés), ils se répandirent en Suisse et servirent jusqu'au XXe s. de référence pour les auteurs successifs. D'autres catéchismes parurent à Strasbourg (Martin Bucer), Zurich (Heinrich Bullinger, 1504-1575, Leo Jud: introduction de la numérotation protestante des dix commandements) et Genève, où Jean Calvin rédigea l'Instruction et Confession de foy (1537) et le Catéchisme de l'Eglise de Genève (1545). Ce dernier, tenu sous forme de dialogue, place la foi avant les commandements et jouit, en Suisse romande tout spécialement, d'un grand prestige. Le catéchisme de Heidelberg (1563), qui reflétait les aspirations de l'électeur palatin Frédéric III à rapprocher luthériens et calvinistes, était largement répandu, en allemand ou en français (Saint-Gall, Berne, Vaud, Argovie et Schaffhouse). A l'époque du piétisme et des Lumières, le genre connut une renaissance. Le catéchisme de Jean-Frédéric Ostervald (1702) connut par exemple des douzaines d'éditions. A l'époque contemporaine, plusieurs Eglises cantonales possèdent des catéchismes analogues.

Auteur(e): Stephan Leimgruber / WW

2 - Tradition catholique

Pierre Canisius conçut sa Summa doctrinae christianae en trois éditions pour adultes (1555), enfants (1556) et jeunes gens (1558). La première partie, intitulée "Sagesse", traite des vertus théologales: foi (Credo), espérance (décalogue) et charité (Pater et Ave); la seconde, "Justice", est consacrée aux diverses sortes de péchés recensés par le Nouveau Testament. Le Catéchisme romain (1566) était destiné essentiellement aux prêtres et veillait à maintenir l'exactitude et l'intégrité du Depositum fidei. Sa division en quatre chapitres principaux (profession de foi, sacrements, dix commandements et Notre Père) se révéla exemplaire et fut reprise en 1992 par le Catéchisme de l'Eglise catholique. Le premier catéchisme diocésain de Bâle (1778) s'inspirait de celui de l'abbé Johann Ignaz von Felbiger, augustin proche des Lumières. Les catéchismes orientés vers l'histoire sacrée (celui, par exemple, de Johann Baptist von Hirscher, 1842) et les manuels de religion (Franz Xaver Dominik Brandenberg 1824, Anton Tanner 1841, Joseph Leu 1855) ne s'imposèrent que peu de temps en Suisse. En 1847 déjà paraissait le catéchisme de Joseph Deharbe (Katholischer Katechismus oder Lehrbegriff), jésuite actif à Lucerne, qui marquait le tournant néoscolastique et contribua au triomphe de la morale d'Alphonse de Liguori. Le congrès catéchétique de Lucerne (1907), qui vit la démonstration de la méthode munichoise d'enseignement par degrés (Heinrich Stieglitz), resta sans grand effet. Dès 1955, le volume vert du "catéchisme des diocèses allemands", qui comportait une dimension kérygmatique, inspira la catéchèse en Suisse.

<b>Catéchisme</b><br>Leçon de catéchisme dans une église catholique de la campagne fribourgeoise. Photographie de  Simon Glasson,  1933 (Musée gruérien, Bulle).<BR/>
Leçon de catéchisme dans une église catholique de la campagne fribourgeoise. Photographie de Simon Glasson, 1933 (Musée gruérien, Bulle).
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Auteur(e): Stephan Leimgruber / WW

3 - Développements récents marqués par l'œcuménisme

Dans les années 1960, l'époque du catéchisme conçu comme manuel scolaire pour enfants et adolescents toucha à sa fin. La méthode des questions et réponses et la mémorisation passive de connaissances toutes faites se heurtèrent à une résistance grandissante. Le groupe de travail de Granges pour le renouvellement de l'enseignement religieux (Karl Stieger, à partir de 1958) reprit à son compte les découvertes de la psychologie, de la pédagogie et de la théorie de l'apprentissage et mit davantage l'accent sur l'expérience et le vécu dans l'approche créative de la foi. Entre 1965 et 1975, le catéchisme perdit également son monopole dans la formation donnée aux confirmants dans le cadre des paroisses. L'enseignement religieux plus anthropologique et empirique, les nouvelles formes d'apprentissage dans les écoles et les paroisses, la perte de signification des communautés religieuses reconnues et l'importance croissante d'un rapport personnel avec la foi affaiblirent le catéchisme traditionnel. Parallèlement, le catéchisme pour adultes prenait son essor, avec, en particulier, le Catéchisme hollandais (1968), qui exposait la foi en termes intelligibles. Il fut suivi de l'Evangelischer Erwachsenenkatechismus (1975), de l'œcuménique Nouveau livre de la foi de Johannes Feiner et Lukas Vischer (original allemand, 1973) et du Katholischer Erwachsenen-Katechismus en deux volumes (1985, 1995). Ces vastes ouvrages théologiques offrent aux chrétiens des repères dans une société pluraliste.

Auteur(e): Stephan Leimgruber / WW

Références bibliographiques

Bibliographie
– A. Berz, Geschichte des Katechismus im Bistum Basel, 1959
– O. Fatio, Confessions et catéchismes de la foi réformée, 1986
TRE, 7, 710-722
– S. Leimgruber, Ethikunterricht an den katholischen Gymnasien und Lehrerseminarien der Schweiz, 1989
LThK, 5, 1311-1318
Religion in Geschichte und Gegenwart, 4, 42001, 861-866
– P. Canisius Der grosse Katechismus = Summa doctrinae christianae: (1555), ins Deutsche übertragen und kommentiert von H. Filser, S. Leimgruber, 2003