03/12/2008 | communication | PDF | imprimer

Missions intérieures

Forme particulière de la pastorale catholique, dérivant de celle des jésuites. Ces missions visaient à approfondir et à renouveler la foi dans les paroisses, à encourager un mode de vie chrétien et à regagner des fidèles souvent devenus passifs.

En Suisse, les missions intérieures, réalisées entre le XVIIe s. et la première moitié du XIXe s. dans le cadre de la réforme tridentine, furent principalement l'œuvre des jésuites. Après l'interdiction de ces derniers en 1848, les capucins et les rédemptoristes ainsi que d'autres communautés religieuses reprirent cette tâche; les jésuites purent à nouveau l'exercer dès 1893. A leur meilleure époque (1850-1960), ces missions concernaient la plupart des paroisses et se répétaient généralement à intervalle de dix ans ou plus.

Leur déroulement prenait le plus souvent la forme d'un rassemblement général de huit jours, avec sermons pour tous les paroissiens, ou alors de réunions de quatorze à dix-huit jours au cours desquelles les trois catégories de paroissiens (enfants, femmes et jeunes filles, hommes et jeunes gens) étaient instruites à tour de rôle. C'était l'occasion pour deux ou trois missionnaires d'exposer les dogmes de la foi au moyen de prédications, de conférences, de prières et de cérémonies liturgiques, et de préparer les fidèles à recevoir les sacrements.

Après le concile de Vatican II, de nouvelles formes de pastorale, par exemple des semaines de la foi, remplacèrent ces missions, en particulier dans les pays germanophones. Des efforts furent faits pour adapter l'accompagnement spirituel moderne, fondé sur le dialogue, à un environnement où les structures religieuses populaires tendaient à s'affaiblir.


Bibliographie
HS, VII, 460-461
– F.X. Bischof, C. Dora, Ortskirche unterwegs, 1997, 162-165
– P. Geiger, «Volksmission - "fabrikmässig betriebene Seelenfängerei"?», in Katholische Denk- und Lebenswelten, éd. U. Altermatt, 2003, 67-84
– C. Schweizer, «"Kapuziner wie Jesuiten des Volkes"», in Helvetia Franciscana, 32, 2003, 107-148

Auteur(e): Franz Xaver Bischof / FP