07/01/2010 | communication | PDF | imprimer

Mesocco (château)

Le château de M. est la forteresse la plus importante des Grisons et l'une des plus imposantes de Suisse. Située sur un éperon rocheux à environ 800 m d'altitude, elle domine le fond de la vallée au sud du village de M. Mentionnée en 1219, elle existait déjà au haut Moyen Age; des vestiges archéologiques prouvent une occupation du site depuis le Néolithique. La construction du donjon entre 1150 et 1200 modifia la disposition initiale du château. Au XIIIe s., on construisit une nouvelle enceinte pour protéger toute la forteresse, puis au XIVe et au début du XVe s., on entreprit des travaux d'agrandissement et d'aménagement de cette dernière. Le château fut la résidence des Sacco ou Sax-Misox, seigneurs de la Mesolcina, pendant environ quatre siècles. En 1480, le condottiere Jean Jacques Trivulce leur acheta la seigneurie avec tous ses droits et ses biens. Il renforça les remparts et transforma le château en une grande citadelle dotée d'une imposante artillerie, si bien qu'elle acquit la réputation d'être imprenable, "sauf par la trahison ou par la faim". En 1496, Trivulce entra dans la Ligue grise et s'engagea à fournir les vivres et les armes du château en cas de besoin, ce qui arriva lors de la guerre de Souabe et de la première guerre de Musso. En 1526, les III Ligues ordonnèrent le démantèlement du château. On effectua des travaux de consolidation en 1925-1926, puis, entre 1986 et 1990, on commença la restauration de la tour polygonale et des murs nord et nord-ouest. La forteresse, en forme de long polygone irrégulier, s'étend sur toute la surface plane de l'éperon rocheux; cinq tours en saillie de différentes formes renforcent les murailles. A l'intérieur se trouvaient les logements des seigneurs, des soldats et des domestiques, les entrepôts pour les armes et les vivres, une fonderie, une fromagerie, un four, une citerne, un rucher et, encore visible, l'église Saint-Carpophore (VIe-VIIe s., reconstruite au XIe s.) avec son clocher roman. L'église romane Sainte-Marie, mentionnée en 1219, se trouve au pied de la forteresse.


Bibliographie
– O. P. Clavadetscher, W. Meyer, Das Burgenbuch von Graubünden, 1984, 248-255
– W. Meyer, E. Maurer, Mesocco: Castello e chiesa Santa Maria del Castello, 1985
– C. Santi, Fonti per la storia del castello di Mesocco, 1988

Auteur(e): Cesare Santi / AMC