Lucerne (bailliage, district)

Dans les actes du prieuré de Saint-Léger, on appelle bailliage de L. (1320 officium Lutzernense, 1340 Ampt ze Lucern) la région occupée par le domaine (Dinghof) de L. sur les deux rives de la Reuss, à la sortie du lac des Quatre-Cantons, domaine appartenant à l'abbaye de Murbach. Déjà distinct de la ville au XIVe s., le bailliage englobait la paroisse de L., jusqu'aux frontières communales de Meggen et Horw, sans néanmoins se confondre avec elle, ni avec le ressort du tribunal municipal. A ce dernier appartenaient, hors les murs, les biens communaux (Moos et ses fermes sur le flanc de la colline de Biregg, l'Allmend au sud, Gütsch, Halde), la forêt de Bürgenberg (ancienne propriété du prieuré, enclave sur le flanc nord du Bürgenstock), Hergiswald dès 1483 et 1588, l'Eigental à l'époque moderne. Avant d'être attribuées à la ville en 1859, les fermes de Moos relevaient de la juridiction de Horw, bien que les gens qui y vivaient eussent le statut d'habitants de L. Le tribunal municipal et la paroisse comprenaient encore de nombreuses fermes isolées, surtout situées sur le Dietschiberg, jusqu'au XVIIIe s. (Büttenen, Gerlisberg, Dietschiberg).

En 1798, les bailliages de L., Habsburg, Kriens-Horw, Malters-Littau, Weggis et une partie de celui de Rothenburg (Buchrain, Dierikon et Emmen) furent réunis dans le district de L., qui fut maintenu en 1803, amputé seulement d'Emmen. En 1913, on y créa les cercles judiciaires de L.-Stadt (Ville) et L.-Land (Campagne), qui servent aussi depuis 1933 de circonscriptions électorales pour le Grand Conseil; les deux préfectures (autorités pénales) ont été réunies en 1995.


Bibliographie
– F. Glauser, J.J. Siegrist, Luzerner Pfarreien und Landvogteien, 1977

Auteur(e): Waltraud Hörsch / PM