28/06/2005 | communication | PDF | imprimer

Castelmur

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Imposante ruine de château fort, sur une arête rocheuse difficile d'accès, au-dessus de Promontogno (comm. Bondo). Les constructions s'étalent entre le haut et le bas Moyen Age. La forteresse et l'ancienne église fermaient la route et la vallée sur le site même de l'ancien relais romain de Murus. Avec Bellinzone, C. constitue l'exemple suisse le plus marquant de construction médiévale destinée à barrer une vallée. Au point le plus élevé se dressait une tour carrée, dont on n'a pu déterminer ni l'âge ni la fonction (défense ou habitation?). En dessous se trouve, depuis le haut Moyen Age, l'ancienne église Notre-Dame de la vallée (Nossa Donna). La nef actuelle date du XIXe s., le campanile de l'époque romane. Un vaste château féodal avec tour (vers 1200), enceinte et dépendances, occupait une crête au nord de l'église. Sur la terrasse dominant la Maira, d'épaisses murailles percées de larges portes protégeaient la route.

Des fouilles archéologiques (1921-1928) ont révélé une agglomération romaine d'époque impériale; l' un des bâtiments était pourvu d'un hypocauste. Plus tard, on a découvert deux petits autels votifs en pierre ollaire avec dédicace. Les fortifications furent aménagées au cours du haut Moyen Age. Le polyptyque rhétique (vers 840) mentionne le château de C. et un péage (Porta Bergalliae), dont le nom désigne parfois le site entier. L'évêque de Coire reçut le château et la vallée vers 960. Vu les attaques réitérées de Chiavenna contre C., les évêques devaient y placer des vassaux fidèles, qui finirent par en prendre le nom. Au XVe s., la forteresse perdit son importance militaire. Elle servit encore d'habitation à divers seigneurs, mais les défenses ne furent plus entretenues. Au XVIe s., les droits seigneuriaux revinrent à la commune, de sorte que le château fut rapidement abandonné. Il était déjà en ruine vers 1600.


Bibliographie
– O.P. Clavadetscher, W. Meyer, Das Burgenbuch von Graubünden, 1984, 225-229
– R. Fellmann, La Suisse gallo-romaine, 1992, 88 (all. 1988)

Auteur(e): Maria-Letizia Boscardin / EMA