20/03/2006 | communication | PDF | imprimer

Erlenbach (ZH)

Comm. ZH, distr. de Meilen. Village de la rive droite du lac de Zurich, au bord du ruisseau d'E., avec les anciens quartiers extérieurs de Wyden, Winkel, Isler, Bindschädler et Lerchenberg; sur la voie de communication Zurich-Rapperswil. 981 (dans le Liber Heremi, incertain) et 1173-1190 Erlibach. Env. 200 hab. en 1400, 682 en 1764, 978 en 1850, 944 en 1888, 1207 en 1900, 1510 en 1910, 3448 en 1950, 4523 en 1970, 4377 en 1990, 4609 en 2000.

Stations littorales néolithiques à Winkel et Wyden, avec des outils des civilisations de Horgen (la mieux représentée), de Pfyn, de la céramique cordée et du Bronze ancien; cistes à Gehren; nécropole à incinération de l'âge du Bronze à Grund. L'existence d'une villa romaine (que l'on situe sur l'Allmend) n'est que présumée. Entre 1173 et 1190, la basse juridiction et un important vignoble appartenaient à un domaine (Dinghof, puis Kelnhof) du couvent d'Einsiedeln. Les mayors, dont la charge était héréditaire, furent remplacés par des ammans; leur demeure était située près du débarcadère. Le coutumier de 1331, renouvelé en 1510, 1620 et 1682, réglementait les droits et devoirs des sujets entre eux et envers l'abbé. La haute juridiction, détenue avant 1200 par les barons de Tengen, passa après cette date aux comtes de Rapperswil, puis revint aux comtes de Toggenbourg de 1335 à 1400. Après la mise en gage à Zurich vers 1400, E. fut un bailliage (Obervogtei) jusqu'en 1798, puis fit partie de 1803 à 1815 du district de Horgen, enfin du bailliage, aujourd'hui district, de Meilen. Les preuves archéologiques de l'existence des châteaux forts de Dachsberg et Balp (mentionnés dans des textes des XVIe  et XVIIe s.), n'existent pas. Une escarmouche au bord du lac, la Gehrenkrieg ("guerre des foènes ou tridents") de 1445, est un épisode de la guerre de Zurich. Un prieuré d'Einsiedeln du XIIe s., au bord du lac, est cité sans aucune certitude. La chapelle Sainte-Agnès, mentionnée en 1275 (reconstruction 1497-1517) fut une filiale de Küsnacht jusqu'en 1703, quand E. devint paroisse. Après la construction de l'église néogothique en 1890, l'église Sainte-Agnès a été démolie en 1892. De la Réforme à 1850, les habitants furent presque exclusivement réformés; en 2000, il y avait 47% de protestants et 29% de catholiques.

Du Moyen Age jusqu'au XXe s., la population s'occupa essentiellement de viticulture (tour dite Rebturm du XVIIe s. dans le vignoble, 65 ha en 1886), un peu d'agriculture, d'horticulture et d'élevage. Les propriétaires des vignes - tenus en fief héréditaire d'Einsiedeln - furent souvent dès la fin du XIVe s. des bourgeois de la ville de Zurich (entre autres les Meiss, les Grebel). Le partage des biens communaux date de 1793. Un moulin (mentionné en 1331) ainsi qu'une scierie situés au bord du ruisseau ont subi en 1778 et 1878 des dommages dus à des inondations. Des bourgeois aisés de Zurich étaient propriétaires de maisons de campagne telles qu'Erlengut, Mariahalde et Meissengut (Schönegg). L'industrie du textile à domicile (plus de 130 métiers à tisser en 1830) ainsi qu'un artisanat villageois ont été supplantés par l'industrie du textile (soieries Schwarzenbach, 1872-1929) et celle des machines (bobineuses de Conrad Graf en 1880, fabrique Schärer jusqu'en 1988). Après l'ouverture de la ligne de chemin de fer de la rive droite en 1894, E. s'est développé en commune résidentielle; banlieue de villas de la ville de Zurich, elle a gardé un caractère villageois. Le sanatorium Fellenberg (cures Kneipp) a existé de 1898 à 1917; la propriété Mariahalde est dirigée depuis 1894 par la Fondation Martin et a été transformée en maison pour handicapés mentaux.


Bibliographie
– K. Kuprecht, W. Imhof, Erlenbach, 1981
– K. Kuprecht, 100 Jahre Kirche Erlenbach, 1990

Auteur(e): Karl Kuprecht / PdM