18/06/2002 | communication | PDF | imprimer

Anshelm, Valerius

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naissance 1475 (de son vrai nom Valerius Rüd) à Rottweil (D), décès 1547 probablement à Berne, de Rottweil et dès 1505 env. de Berne. Fils de Wilhelm. ∞ Elsbeth Huber, de Staufen (D). Boley der Rüd, grand-père d'A., avait combattu dans les guerres de Bourgogne comme banneret de Rottweil, ville alliée aux Confédérés. A. devint bachelier à l'université de Cracovie (1493-1495) et s'immatricula en 1496 à celle de Tübingen où il laissa une trace jusqu'en 1499. En 1501, il séjourna à Lyon comme écolier itinérant. Le Conseil de Berne le nomma recteur de l'école latine en 1505 et médecin de la ville en 1508. En 1510, il rédigea en latin un abrégé d'histoire universelle, lequel, complété jusqu'en 1536, ne paraîtra qu'en 1540 chez Matthias Apiarius à Berne. Selon ses propres dires, A., après avoir hardiment dénoncé l'état de l'Eglise, fut un des premiers et des plus ardents partisans de Luther et de la Réforme à Berne. Il entretint des relations amicales avec les réformateurs Zwingli, Vadian et Berchtold Haller, ce dont témoigne une correspondance en latin. Le Conseil songea en 1520 à lui confier la poursuite de la chronique de la cité, mais ce projet échoua provisoirement pour des motifs inconnus. Des propos critiques tenus par sa femme en 1523 sur le culte de la Vierge obligèrent A. à retourner en 1525 à Rottweil avec les siens. Là, il se trouva mêlé aux controverses ecclésiastiques et connut même quelque temps la prison. Son désir de revenir à Berne, qui avait adopté la Réforme en 1528, se vit exaucé en 1529, quand le Conseil le choisit pour chroniqueur officiel sur la recommandation de Zwingli. Il fut membre de la corporation des Forgerons et exerça derechef la fonction de médecin municipal entre 1535 et 1537.

L'œuvre principale d'A. est la chronique bernoise qu'il écrivit de 1529 à 1546. Après une introduction sur l'histoire plus ancienne, elle consigne les événements survenus entre les guerres de Bourgogne et 1536. Les années 1526-1536 ne nous sont conservées que sous forme de fragments, souvent recopiés ou complétés par Michael Stettler. Ces annales ont pour originalité de puiser abondamment dans les documents officiels et de recourir aux récits de témoins oculaires. Dans l'optique de l'auteur, la période de décadence qui a suivi les guerres de Bourgogne est due essentiellement à la politique des pensions et sera surmontée grâce au profond renouveau moral et politique apporté par la Réforme. Celle-ci devient le thème dominant de sa chronique à partir de 1517. Outre une tendance antiromaine marquée, l'œuvre d'A. se caractérise par la promptitude des jugements de valeur prononcés par ce protestant convaincu pour lequel Dieu et sa parole sont en toutes choses l'ultime critère.


Bibliographie
– Feller/Bonjour, Geschichtsschreibung, 1, 165-174

Auteur(e): Hans-Beat Flückiger / WW