• <b>Production de film</b><br>Affiche pour le film <I>Le brigadier Studer</I>, produit en 1939 par la Praesens Film AG de Zurich (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste). Adapté du roman policier homonyme de Friedrich Glauser, ce film du metteur en scène Leopold Lindtberg permet à l'acteur Heinrich Gretler, qui incarne le détective Studer, d'accéder à la gloire nationale.

Film, production de

L'industrie du film, apparue vers 1900 en Europe occidentale, comprend la distribution (Cinéma), la projection (salles de Cinéma), la technique et la production. Malgré une domination de l'industrie hollywoodienne, la production suisse, qui a connu son apogée dans les années 1930 à 1950, a réussi à se maintenir, notamment grâce à des films de commande et à des longs métrages.

La Praesens Film AG, fondée par Lazar Wechsler à Zurich en 1924, est la seule entreprise suisse qui ait produit des films à succès pendant plusieurs décennies. Elle disposait d'une équipe bien rodée - Leopold Lindtberg (mise en scène), Richard Schweizer (scénario), Emil Berna (caméra), Hermann Haller (montage) et Robert Blum (musique) -, d'une distribution autonome et des acteurs les plus populaires du pays dont certains sous contrat d'exclusivité. Des œuvres telles que Le fusilier Wipf (1938), Le brigadier Studer (1939), Gilberte de Courgenay (1941) ou Le village près du ciel (1953) sont exemplaires du genre du "film suisse", comme il était appelé à l'époque. Dans les années 1950, la Praesens fut concurrencée par d'autres sociétés indigènes telle que Gloriafilm AG. Celle-ci se profila par des comédies de boulevard à succès (mise en scène Kurt Früh), auxquelles Praesens répliqua par plusieurs films tirés d'œuvres de Gotthelf (mise en scène Franz Schnyder).

<b>Production de film</b><br>Affiche pour le film <I>Le brigadier Studer</I>, produit en 1939 par la Praesens Film AG de Zurich (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>Adapté du roman policier homonyme de Friedrich Glauser, ce film du metteur en scène Leopold Lindtberg permet à l'acteur Heinrich Gretler, qui incarne le détective Studer, d'accéder à la gloire nationale.<BR/>
Affiche pour le film Le brigadier Studer, produit en 1939 par la Praesens Film AG de Zurich (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
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Les producteurs suisses eurent beaucoup plus de succès dans le film de commande, non exposé à la concurrence permanente d'une superpuissance; on mentionnera d'abord Condor Film AG, fondée à Zurich en 1947 par Heinrich Fueter, puis Kern Film AG (Bâle), Julius Pinschewer Film Atelier, Paul Schmid Filmproduktion et Charles Zbinden (tous à Berne), Actua Films (Genève), Charles-Georges Duvanel (Lausanne et Genève), Kägi Filmproduktion (Rümlang), Cefi Filmproduktion AG, Joseph Dahinden, Pro Film et Turicia Films AG (tous à Zurich), qui produisaient régulièrement des films documentaires, d'art, publicitaires ou d'avant-programme. D'autres entreprises se spécialisèrent dans la publicité télévisée (Télévision), comme Turnus Film AG (Volketswil), Rincovision AG (Zofingue et Zurich), Telespot AG et Televico AG (les deux à Zurich).

Le monde du cinéma changea profondément au milieu des années 1960 et les conditions de production évoluèrent en Suisse également. Le Groupe 5, issu de la télévision romande et composé d'Alain Tanner, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Michel Soutter et Jean-Jacques Lagrange, produisit un grand nombre de longs métrages à petit budget ("cinéma copain") qui firent la réputation du nouveau cinéma suisse. Parallèlement apparut en Suisse alémanique un mouvement qui visait à présenter des documentaires de critique sociale et dont les metteurs en scène étaient également producteurs, scénaristes, voire cameramen et monteurs (Richard Dindo, Kurt Gloor, Peter von Gunten, Walter Marti et Reni Mertens, Fredi M. Murer, Hans-Ulrich Schlumpf, Alexander J. Seiler). Le film suisse s'est développé grâce à l'aide financière croissante de la Confédération, des cantons, des communes et des Eglises, mais aussi grâce aux coproductions avec la télévision, sans trouver toutefois un public aussi important que les films du milieu du XXe s., à quelques exceptions près comme Les faiseurs de Suisses de Rolf Lyssy (1978) et Micmac à La Havane de Sabine Boss (2002).

Depuis l'avènement de la vidéo, au début des années 1980, la production de film s'est diversifiée. Vu l'étroitesse du marché suisse, on recourt depuis les années 1990 de plus en plus aux coproductions avec des partenaires étrangers, comme le font Fama Film (Berne) et Vega Film (Zurich), certains tournages ayant même lieu entièrement à l'étranger (Arthur Cohn).


Bibliographie
– W. Wider, F. Aeppli, Der Schweizer Film 1929-1964, 2 vol., 1981
– M. Schaub, Die eigenen Angelegenheiten, 1983
– H. Dumont, Hist. du cinéma suisse, 1987

Auteur(e): Felix Aeppli / ME