• <b>Félix et Regula (saints)</b><br>Martyre des saints zurichois, tempera sur bois vers 1500 par  Hans Leu le Vieux (Musée national suisse). Ce tableau était initialement situé dans la chapelle des douze Apôtres du Grossmünster de Zurich, édifiée sur les tombes des martyrs. Seule la moitié supérieure de la représentation a échappé aux destructions iconoclastes de 1524 en raison de la valeur documentaire reconnue au panorama urbain. Masquée en 1566, la scène du triple martyre a été rétablie lors d'une restauration en 1936. De droite à gauche, Félix, Regula et Exuperantius sont soumis aux supplices de l'huile bouillante, de la roue puis de la décollation.

Félix et Regula (saints)

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Le plus ancien témoignage sur les deux saints patrons de la ville de Zurich est une Passion rédigée à la fin du VIIIe s. par un certain Florencius, problablement prêtre alémane de Zurich. Elle rapporte que Félix et sa sœur Regula s'enfuirent de la Légion thébaine, qui devait être martyrisée à Saint-Maurice, et atteignirent Zurich en passant par Glaris. A Zurich, torturés et décapités sur l'ordre du préfet Decius, les deux martyrs auraient porté leur tête jusqu'à la tombe qu'ils avaient choisie, à quarante pas du lieu de leur exécution. D'autres légendes se greffèrent jusqu'à la fin du Moyen Age autour de ce noyau; la plus importante introduisit au XIIIe s. Exuperantius, qui devint le troisième patron de la ville.

L'historiographie moderne défend la thèse que la légende transmise par un clerc et la vénération des saints remontent à la découverte d'une tombe extraordinaire. Le Grossmünster de Zurich s'éleva au IXe s. sur cette sépulture et devint le lieu central du culte. Le Fraumünster (874) et la Wasserkirche (1000) furent aussi édifiés en l'honneur des deux saints. Leurs effigies figurent dès le XIIIe s. sur les monnaies zurichoises ainsi que sur les sceaux des deux chapitres collégiaux et du Conseil. Lorsque la Réforme abolit en 1524 le culte des saints et que les trésors des églises furent confisqués, les reliques auraient été transportées à Andermatt; leurs têtes sont toujours conservées dans l'église paroissiale. L'église catholique Saints-Félix-et-Regula construite en 1950 à Zurich, enrichie de reliques en provenance d'Andermatt, a ravivé la vénération pour les patrons de la ville. Le 11 septembre, date de leur ancienne fête, a lieu le tir des jeunes garçons.

<b>Félix et Regula (saints)</b><br>Martyre des saints zurichois, tempera sur bois vers 1500 par  Hans Leu le Vieux (Musée national suisse).<BR/>Ce tableau était initialement situé dans la chapelle des douze Apôtres du Grossmünster de Zurich, édifiée sur les tombes des martyrs. Seule la moitié supérieure de la représentation a échappé aux destructions iconoclastes de 1524 en raison de la valeur documentaire reconnue au panorama urbain. Masquée en 1566, la scène du triple martyre a été rétablie lors d'une restauration en 1936. De droite à gauche, Félix, Regula et Exuperantius sont soumis aux supplices de l'huile bouillante, de la roue puis de la décollation.<BR/>
Martyre des saints zurichois, tempera sur bois vers 1500 par Hans Leu le Vieux (Musée national suisse).
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Bibliographie
– H.F. Etter et al., éd., Die Zürcher Stadtheiligen Felix und Regula, 1988
– F.W. Bautz, Biogaphisch-Bibliographisches Kirchenlexikon, 2, 1990, 12-13
– H. Leuppi, éd., Der Liber ordinarius des Konrad von Mure, 1995

Auteur(e): Hans Stadler / WW