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Actualité / Le thème actuel
11/2017

Autour de l’anniversaire de la révolution russe

Le 100e anniversaire de la révolution russe a donné lieu cette année à diverses manifestations, publications ou émissions. Comme terre d’accueil de nombreux exilés politiques russes depuis la seconde moitié du XIXe s., la Suisse occupe une place particulière dans ce qui fut l’un des événements les plus marquants du XXe s. (révolution d’octobre).

Julia Richers, professeure à l’université de Berne, est spécialiste de l’histoire de la Russie et de l’URSS. Elle nous offre ici son regard sur ce bouleversement majeur. Nous la remercions chaleureusement pour sa contribution. Nous proposons à la suite une évocation des liens entre la Russie et la Suisse avant 1917.

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11/2017

La révolution russe et la Suisse

Fuite en Suisse
Les organisations marxistes et sociales-démocrates peinèrent à se maintenir en Russie avant la révolution de février 1917. A peine fondées, elles étaient interdites et leurs membres emprisonnés ou bannis. Beaucoup de socialistes échappèrent aux arrestations en fuyant vers les pays occidentaux, dont la Suisse, qui joua à cet égard un rôle important. Sa stabilité politique et sa neutralité, ainsi que les libertés de presse, d'association et de réunion garanties par la Constitution fédérale étaient cruciales pour les exilés russes, qui étaient ainsi protégés contre les  persécutions politiques. Une première grande colonie russe vit le jour à Genève, où Georges Plekhanov, Pavel Axelrod, Vera Zassoulitch et d’autres fondèrent l’influent groupe marxiste « Libération du travail » en 1883. Avec Lénine et Juli Martov, ils publièrent dès 1900/1901 Iskra ("l'étincelle"), important organe du parti ouvrier social-démocrate de Russie fondé à Minsk en 1898.

Après Genève, les villes universitaires de Zurich et Berne devinrent également des lieux de refuge extrêmement importants. Fait unique, l’histoire de la révolution en Suisse ne se joua pas seulement dans les centres urbains, mais aussi dans des localités reculées comme Davos, Beatenberg, Sörenberg, Zimmerwald et Kiental.

L’image du réfugié révolutionnaire isolé a longtemps été véhiculée dans la recherche. Mais, en y regardant de plus près, il est frappant de constater que des réseaux d’amitiés se sont formés entre les socialistes suisses et les exilés révolutionnaires, ce qui revêtit une importance décisive pendant la Première Guerre mondiale. Ces liens étroits se concrétisèrent dans les mariages fréquents entre suisses et russes, à l’instar de Robert Grimm et Rosa Grimm, de Fritz Brupbacher et Lydia Kotchetkova et de Fritz Platten, qui eut plusieurs relations avec des révolutionnaires russes.

La Suisse, lieu de rencontre des opposants à la guerre
Beaucoup d’exilés russes vécurent en Suisse le déclenchement de la Première Guerre mondiale. D’autres arrivèrent dans les premières semaines de la guerre, notamment Lénine avec son épouse Nadejda Krupskaïa, Grigori Zinoviev, Angelica Balabanoff et Léon Trotski. Ils jouèrent un rôle très actif lors des nombreuses conférences socialistes contre la guerre se tenant à Berne et environs en 1915/1916, dont celles, secrètes, de Zimmerwald et Kiental, organisées par Grimm. Les participants étaient tous farouchement opposés à la guerre, mais étaient profondément divisés sur les moyens d’action et la tactique pour rétablir la paix : devait-on suivre la voie démocratique et parlementaire ou passer par une révolution? Autour de Lénine, un cercle, appelé la gauche de Zimmerwald, voulait transformer le plus rapidement possible le conflit en guerre civile révolutionnaire. Bien qu’appartenant à la minorité, Lénine réussit à former un bloc radical, ce qui provoqua la scission du mouvement de Zimmerwald en une aile centriste et modérée et une autre révolutionnaire.

La révolution de février et le retour en Russie
La révolution de février 1917 surprit tout le monde. Les révolutionnaires russes exilés en Suisse trouvèrent insupportable de ne pas pouvoir participer aux bouleversements pour lesquels ils avaient sacrifié tant d’années de leur vie. Rapidement, ils organisèrent leur départ, mais cela s’avéra difficile en raison de la guerre. Un comité central interpartis pour le retour au pays des émigrés russes séjournant en Suisse fut fondé. Il représentait 564 personnes se réclamant du mouvement de Zimmerwald. Parmi eux se côtoyaient mencheviks, bolcheviks, socialistes révolutionnaires et membres de l’Union générale des travailleurs juifs.

Grimm fut chargé d’établir un contact avec la légation allemande à Berne par l’intermédiaire du conseiller fédéral Arthur Hoffmann afin d’évaluer les chances d’un retour des réfugiés par l’Allemagne. Les Allemands, qui espéraient que les révolutionnaires déstabiliseraient massivement la Russie, acceptèrent rapidement et mirent à disposition un train qui quitta la gare centrale de Zurich le 9 avril 1917. Accompagnés par Platten, les voyageurs comptaient dans leurs rangs, outre Lénine, Krupskaïa, Zinoviev et Karl Radek, de nombreux autres révolutionnaires qui allaient jouer un rôle très important dans la révolution d’octobre.

En Suisse, la révolution de février fut largement considérée comme positive. En revanche, beaucoup condamnèrent la révolution d’octobre, jugée trop violente, trop radicale et dangereuse en raison du risque de sa propagation. Ainsi, une partie de la classe politique suisse estima que la grève générale de novembre 1918 était le fait de l’agitation bolchevique; la mission soviétique à Berne (une quasi-représentation diplomatique) fut expulsée de Suisse et les contacts avec le premier Etat socialiste du monde abruptement rompus.

Julia Richers
professeure ordinaire d’histoire contemporaine générale et de l’Europe de l’Est
(traduit par Anne-Marie Cruchaud)

Pour en savoir plus
Julia Richers, «Die Schweiz als Zufluchtsort und Wegbereiterin der Revolution», in 1917 Revolution: Russland und die Folgen, éd. Deutsches Historisches Museum, Schweizerisches Nationalmuseum, 2017, 69-81.

Sur le thème de la révolution russe, voyez également l’e-dossier des Documents diplomatiques suisses.

 

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Actualité / Le thème actuel
11/2017

Suisse-Russie: migrations et voyages 

Au moment où éclate la révolution russe, en 1917, l’histoire des liens entre la Russie et la Suisse est déjà vieille de quelques siècles. Outre l’histoire des relations entre deux pays, elle est celle de dizaines de milliers d’individus, hommes et femmes, qui firent le voyage vers l’est ou vers l’ouest, pour un temps ou pour toujours.

Vers l’est
De la fin du XVIIe s. à 1917, plus de 20’000 Suisses s’établirent dans l’empire des tsars. Sur la voie d’une modernisation tournée vers l’occident, celui-ci offrait des perspectives intéressantes dans des domaines variés: agriculture, architecture, sciences, industrie, préceptorat, etc. Certaines personnalités furent proches du pouvoir, comme François Le Fort, ami de Pierre le Grand, ou Frédéric-César de La Harpe, précepteur du futur tsar Alexandre Ier. Des mathématiciens de haut vol enseignèrent à l’Académie impériale des sciences, tel Leonhard Euler. Au XIXe s., des fromagers bernois, émigrés en raison de la crise de l’économie laitière alpine, apportèrent leur savoir-faire à la production russe. Des vignerons vaudois créèrent une colonie près d’Odessa, à l’invitation d’Alexandre Ier. De nombreuses Romandes trouvèrent un débouché comme gouvernantes d’enfants de la haute société, et même de la famille impériale comme ce fut le cas de Jeanne Huc-Mazelet. Après la révolution, quelque 8000 personnes durent revenir en Suisse, souvent sans ressources.

Saint-Pétersbourg, Moscou: la marque tessinoise
La physionomie des capitales impériales doit énormément aux architectes tessinois. Appelé en 1703 par Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, Domenico Trezzini joua un rôle majeur dans l’édification de la nouvelle capitale. Il fit œuvre d’urbaniste en planifiant des zones entières de la ville et réalisa nombre d’ouvrages importants, comme la cathédrale Pierre-et-Paul. Domenico Gilardi, fils de Giovanni Battista, prit part à la reconstruction de Moscou après l’incendie de 1812. Parmi les générations de bâtisseurs tessinois actifs en Russie du XVe au XIXe s., on citera encore Carlo Rossi et Ippolito Monighetti, qui dirigea aussi la construction de l’église orthodoxe de Vevey.

Vers l’ouest
Pour des motifs différents, la Suisse exerça elle aussi une forte attraction sur les Russes avant la Première Guerre mondiale. Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine contribua à diffuser une vision idyllique du pays parmi les élites russes, par ses écrits et ses traductions d’auteurs helvétiques. Les aristocrates venaient en Suisse en touristes. Certains l’apprécièrent au point d’en devenir des résidents réguliers. Beaucoup de tuberculeux faisaient des cures dans les sanatoriums. Le gouvernement russe ouvrit même un consulat à Davos en 1911. Des écrivains, parmi les plus grands des lettres russes, séjournèrent plus ou moins longuement en Suisse, comme Dostoïevski, Gogol, Tourgueniev et Tolstoï. Dès 1860, les opposants politiques affluèrent en Suisse, où ils poursuivirent leur lutte. Parmi eux, on trouve les plus hautes figures de l’anarchisme et du communisme, comme Bakounine, Kropotkine, Trotski et Lénine. Enfin, les Russes étudiant en Suisse représentaient un groupe très important. En été 1914, ils formaient plus du quart des effectifs des universités du pays. La venue des Russes en Suisse fut stoppée par la guerre et la révolution.

Un cas particulier: les étudiantes
Les femmes formaient la majorité des étudiants russes dans les universités. La féminisation des hautes écoles, observable de la fin du XIXe au début du XXe s., leur est largement attribuable. Dans l’Empire russe, les femmes, avaient peu de chances d’accéder aux études supérieures, surtout parmi les minorités discriminées, alors qu’en Suisse, les universités leur ouvrirent leurs portes au cours de la seconde moitié du XIXe s. Les Russes étaient surtout présentes en médecine, comme Nadejda Souslova, première femme à obtenir un doctorat en Suisse en 1867 (Zurich), ou Lina Stern, première professeure extraordinaire de l’université de Genève (1918). Autre pionnière, la philosophe Anna Tumarkin passa son habilitation à l’université de Berne en 1898 et en devint la première enseignante.

 

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Actualité / Actualité DHS
10/2017

Les Editions Benziger, du village au monde: recherche et DHS

Ambitionnant une plus grande proximité avec la recherche historique, le nouveau DHS souhaite en diffuser rapidement les développements et les résultats les plus pertinents. La possibilité de dynamiser ainsi le corpus du dictionnaire et de transmettre un savoir historique actuel en collaboration avec les scientifiques constitue l’une des perspectives centrales du nouveau dictionnaire en ligne.

Des éditions internationales
Particulièrement actuel, un des projets du DHS en cours de réalisation illustrera de manière exemplaire cette proximité avec la recherche que nous entendons concrétiser. Ce projet est consacré à la maison d’édition Benziger. Depuis Einsiedeln, celle-ci réussit à devenir, en étroite interaction avec l’Eglise, une entreprise active au niveau international dans le domaine des médias catholiques. Pendant plus de 200 ans, elle tint un rôle important dans le paysage éditorial suisse. L’historien Heinz Nauer en a fait l’objet de sa thèse de doctorat. Son travail sur les très riches archives des éditions Benziger a débouché sur un livre (Fromme Industrie: Der Benziger Verlag Einsiedeln 1750-1970, Baden, 2017) et une exposition (Musée Fram, Einsiedeln). Présentés récemment au public, ils éclairent divers aspects de l’histoire de cette entreprise établie à Einsiedeln qui marqua la vie de ce village incarné par sa célèbre abbaye.

Benziger, entreprise et famille, dans le DHS
Les fruits de cette recherche seront bientôt directement intégrés dans le DHS: en vingt nouveaux articles, Heinz Nauer relatera cet important chapitre de l’histoire de l’édition suisse sous une forme condensée. Grâce au plurilinguisme du DHS, il sera aussi accessible au public italophone et francophone. C’est un exemple de la manière dont le DHS entend jouer son rôle de « bâtisseur de pont » entre science et société. L’article sur la famille Benziger, les biographies de ses membres et divers articles thématiques autour des Benziger et de leurs éditions seront présentés de manière détaillée en 2018 après l’ouverture de notre nouveau site web. D’une conception nouvelle, ces articles seront en outre dotés d’éléments multimédias.

Pour en savoir plus sur le livre
Pour en savoir plus sur l’exposition

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