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L’ambassadeur français J.-B.-P. Beau, qui avait toujours plaidé la cause helvétique auprès de son gouvernement, quitte la Suisse le 23 février 1918.

Le 17 février 2008, le Kosovo déclare son indépendance de la Serbie. La Confédération reconnaît le nouvel Etat le 27.

L’hebdomadaire neuchâtelois Curieux paraît pour la dernière fois le 11 février 1956.

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Actualité / Le thème actuel
02/2018

Ondes et petit écran: regard sur l’histoire des médias de masse

Les deux médias de masse que sont la télévision et la radio font partie de notre quotidien depuis des décennies. Les années 1920 virent la construction des premiers émetteurs radio en Suisse. Le service régulier de la télévision débuta en 1958. Le financement de ces médias, et, partant, les rôles qu’on entend leur faire jouer, sont actuellement âprement débattus par les partisans et les adversaires de la suppression des redevances radio et télévision, proposée par l’initiative dite «No Billag» sur laquelle le peuple suisse se prononcera le 4 mars.

Spécialiste de l’histoire de l’audiovisuel en Suisse, François Vallotton est professeur ordinaire à l’université de Lausanne. Pour les utilisateurs et utilisatrices du DHS, il éclaire ici un aspect de cette histoire passionnante. François Vallotton est aussi membre de la commission stratégique responsable du DHS au sein de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales. Le DHS le remercie pour son aimable collaboration.

 

SSR et service public
La Société suisse de radiodiffusion, créée en 1931, contribue à mettre en place le cadre technique, politique et juridique qui caractérisera le système audiovisuel helvétique durant le demi-siècle suivant. Succédant à diverses sociétés radiophoniques locales, cette association nationale de droit privé se voit confier le monopole sur les ondes (radio), moyennant un contrat de prestations lié à une concession. Ce mandat de service public peut être résumé par quelques notions clé : un financement solidaire des trois émetteurs (Beromünster, Sottens et Monte Ceneri) et studios régionaux via un système de péréquation financière, une couverture sur tout le territoire de la Confédération, la neutralité politique, l’autonomie vis-à-vis de tout groupe privé (pas de publicité) et de l’Etat. Ces principes survivront à l’arrivée de la télévision si l’on excepte l’introduction de la publicité pour ce nouveau média en 1965. Durant cette même période, le périmètre du service public s’ouvre à des critères déontologiques (le souci de l’objectivité), la défense des minorités et la poursuite d’objectifs éducatifs et culturels.

La remise en question du monopole
Au début des années 1970, le monopole de la SSR est attaqué aussi bien par la droite dure (principalement l’UDC, relayée par le groupe de pression, le Hofer-Club, créé en 1974) que par certains milieux de gauche qui dénoncent son caractère officiel. Alors que les débats sur la libéralisation des ondes s’intensifient en Europe, les acteurs privés se mobilisent également pour abolir la position d’exclusivité de la SSR, ce qui devient réalité en 1983. Avec la nouvelle loi sur la radio et la télévision de 1991, le splitting de la redevance au profit de stations et opérateurs privés est introduit avant d’être élargi par la suite. Mais les appétits de certains grands éditeurs s’aiguisent. Surfant sur la vague néolibérale qui agite la sphère politico-économique des années 1990, un collectif emmené par le diplomate et économiste David de Pury tente de faire aboutir en 1991 une initiative populaire visant à privatiser la SSR. Les signatures ne seront pas recueillies et le Parlement veillera, dans le débat sur la nouvelle loi de 2006, à garantir la capacité concurrentielle du service public dans une compétition internationale démultipliée. Dans le même temps est introduite la distinction entre des postes ou chaînes détenteurs d’une concession (bénéficiaires d’une part de la redevance mais liés à un contrat de prestations) et ceux qui ne le sont pas.

La transformation des pratiques et la crise des médias
Si les enjeux politiques et économiques continuent à marquer le débat autour du service public dans la décennie suivante et jusqu’à nos jours, deux éléments nouveaux interviennent dans le débat. La nouvelle donne numérique modifie les pratiques de consommation de l’audiovisuel, sur écran et à la demande, alors que la consommation gratuite des contenus devient la norme pour une nouvelle génération. Le paiement d’une redevance, devenue universelle en 2015, est jugée par d’aucuns, financièrement comme philosophiquement (on ne veut payer que ce que l’on choisit de consommer), insupportable. Par ailleurs, la crise généralisée des médias traditionnels et notamment de la presse d’une part, l’arrivée de nouveaux acteurs comme des opérateurs de communication ou les grands groupes multimédias globalisés, d’autre part, bouleversent de fond en comble le champ médiatique. Le débat entre adeptes d’une pure libéralisation et ceux d’une nécessaire régulation se durcit via le lancement de l’initiative dite «No Billag», qui sera soumise au peuple le 4 mars 2018 : celle-ci vise à supprimer tout financement de l’audiovisuel par la Confédération et supprime le mandat de service public tel qu’il est détaillé dans la Constitution (art. 93, alinéa 2).

François Vallotton, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lausanne

F. Vallotton codirige actuellement un projet d’histoire de la télévision suisse avant la généralisation du numérique: «Au-delà du service public: pour une histoire élargie de la télévision en Suisse, 1960 à 2000».

 

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