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IL Y A ...
Il y a 110 ans jour pour jour naissait Hermann Feusi.

Il y a 100 ans jour pour jour mourait Emilio Maraini.
FOCUS

Le premier numéro du Nidwaldner Volksblatt, journal conservateur catholique, paraît le 1er décembre 1866.

Le 29 novembre 1516, les XIII cantons et leurs alliés signent la Paix perpétuelle avec la France et le duché de Milan.

28 novembre 1966: Paul Chaudet démissionne du Conseil fédéral suite à l’affaire des Mirages.

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Actualité / Le thème actuel
10/2016

Prolétaires et anarchistes

Il y a 150 ans, l’Association internationale des travailleurs (AIT) tenait son 1er congrès à Genève (3.9.1866). Dite aussi Première Internationale, l’AIT constitue un temps fort du mouvement ouvrier né dans la première moitié du XIXe s. La Suisse offrit un espace d’expression important à l’internationalisme ouvrier (Internationales ouvrières), en raison de sa neutralité, de sa situation géographique et d’une certaine ouverture envers les réfugiés jusqu’à la Première Guerre mondiale. Au sein de l’AIT, deux hommes incarnèrent les tendances idéologiques qui devaient mener à sa scission: l’Allemand Karl Marx, qui dominait le conseil général de l’AIT, et le Russe Michel Bakounine, qui deviendra une figure emblématique de l’anarchisme. Bakounine mourut à Berne il y a 140 ans (1.7.1876), deux semaines avant la dissolution de l’AIT. Sa tombe, au cimetière de Bremgarten à Berne, reçoit de nos jours encore la visite d’admirateurs de son œuvre.

Première Internationale et Fédération jurassienne
Bien implantée en Suisse, la Première Internationale compta jusqu’à 120 sections et 10'000 membres dans le pays. Après Genève (1866), Lausanne (1867) et Bâle (1869) accueillirent ses congrès. Les sections fondèrent des syndicats et des coopératives de production. La Suisse fut un théâtre important de la lutte entre les partisans de Marx et ceux de Bakounine. Les premiers prônaient un Etat centralisé qu’il fallait conquérir par l’action politique pour faire triompher la cause ouvrière, les seconds étaient en faveur de l’autonomie des individus et de l’organisation fédéraliste. Cette lutte atteignit un point culminant en 1871 avec la création de la Fédération jurassienne par des délégués de sections jurassiennes et neuchâteloises de l’AIT, dont James Guillaume et Adhémar Schwitzguébel. Bakounine et Guillaume furent peu après exclus de l’AIT. Les « bakouninistes », emmenés par la Fédération jurassienne, ripostèrent en fondant à Saint-Imier l’Internationale antiautoritaire (1872). « La destruction de tout pouvoir est le premier devoir du prolétariat », telle fut l'une de ses résolutions. Le premier mouvement anarchiste de Suisse était né.

«Ni Dieu ni maître»
Dès 1877, la Fédération jurassienne connut une radicalisation, personnifiée par le Français Paul Brousse et le Russe Pierre Kropotkine. Cette nouvelle orientation ne correspondait toutefois pas aux attentes des ouvriers confrontés à la restructuration de l’horlogerie. La Fédération disparut au début des années 1880. La plupart des militants jurassiens défendirent dès lors leur cause dans le cadre des syndicats. Dans les années 1880 et 1890, le mouvement anarchiste se caractérisa par la multiplication de petits groupes autonomes. Ils étaient formés en grande partie d’étrangers, comme l’Italien Errico Malatesta. Les activités anarchistes suscitèrent diverses réactions de la part des autorités suisses, comme la révision partielle du code pénal pour réprimer les crimes anarchistes (1894). L’assassinat de l’impératrice Elisabeth d’Autriche par un anarchiste à Genève (1898) entraîna l’expulsion de dizaines d’étrangers. Dès 1900, les anarchistes eurent leur organe de presse avec Le Réveil, fondé et dirigé par le Tessinois Louis Bertoni. La majorité d’entre eux agirent désormais dans le cadre du syndicalisme. Des groupes anarchistes, réservés ou hostiles à l'égard de ce dernier, virent également le jour. Le mouvement anarchiste disparut en tant que tendance du mouvement ouvrier avec la mort de Bertoni en 1947. Dans la deuxième moitié du XXe s., certains thèmes anarchistes furent repris par de petits groupes éphémères et dans le cadre des mouvements de jeunes.  

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Anarchisme | Associations ouvrières | Coopératives de production | Fédération jurassienne | Fédération ouvrière suisse | Grèves | Internationales ouvrières | Le Réveil | Marxisme | Mouvement ouvrier | Mouvements de jeunes | Socialisme | Syndicats | Union suisse des ouvrières. Quelques acteurs: Bakounine, Michel | Bertoni, Louis | Blanqui, Auguste | Brousse, Paul | Dubois, Alcide | Gori, Pietro | Guillaume, James | Kropotkine, Pierre | Lefrançais, Gustave | Malatesta, Errico | Netchaïev, Serge | Pindy, Jean-Louis | Schwitzguébel, Adhémar

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